Les artistes qui s’engagent pour le LOTO d’arts : Jean-François Binet

Jean-François Binet est illustrateur, peintre, musicien, fondateur et Directeur du Studio Différemment

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Photoanimc

Usine à bois

Détail de L’Industrie du Bois

Cette chronique appartient à une série, sur le patrimoine de la ville de Montreuil, parue dans Montreuil-Dépêche Hebdo de 1998 à 2000

L’Usine de tranchage du bois de la rue de Lagny à Montreuil par Gilbert Schoon

Né en 1840, le tranchage détrône le sciage pour ce qui concerne les bois de placages destinés à l’ameublement.
Le sciage fait perdre près de soixante six pour cent de la matière première, le tranchage et le déroulage cinquante cinq pour cent.
Le prix de revient au mètre carré est abaissé de soixante à soixante-dix pour cent.
Le tranchage s ‘effectue à plat, à l’horizontale ou à la verticale, la lame de l’outil coupe en tranches de 6/10° de millimètres les troncs.
C’est au rythme de quarante cinq coups à la minute que travaillent certaines « bécanes » spécialisées dans le bois tendre, l’épaisseur peut alors atteindre 2/100 de millimètres.
Les autres essences sont tranchées à la cadence de vingt à vingt cinq fois à la minute.
Au total ce sont de quatre-vingt à cent mille feuilles de sycomores, érables, palissandres, ormes, merisiers, frênes, okoumés, acajous… qui sont quotidiennement produits.
Le déroulage a été inventé par monsieur Mougenot en 1872 qui eut l’idée de couper le bois de manière circulaire.
Le billon est mis en rotation après avoir été saisi par ses extrémités.
Il est plaqué sur une lame d’acier qui le déroule comme un simple rouleau de papier.
Les feuilles ainsi obtenues sont plus épaisses que celles du tranchage, 2 à 3 mm.
Elles servent essentiellement à la fabrication de contreplaqué.
La conduite de ces machines est confiée à des ouvriers hautement spécialisés.
Ils peuvent reconnaître simplement au toucher l’épaisseur et l’essence de l’arbre.
Le travail est fatigant, bruyant, salissant.
Les odeurs des bois sont enivrantes et en tous les cas, porteuses de rêves.
Les grumes exotiques arrivent toute l’année d’ Inde, d’Amérique du Sud, de Madagascar ou d’Afrique par les ports de Dunkerque, du Havre, de Bordeaux, de Marseille et de Nantes.
Les essences locales sont acheminées au début de l’été.
Transportées par le rail et la route, elles arrivent à Montreuil.
Elles sont tronçonnées en deux ou trois segments de un à trois mètres de longueur par des scies à rubans de plus de deux mètres de hauteur de coupe, après avoir été écorcées.
On les appelle les « billons » Les billes de bois sont plongées dans des étuves appelées « bouillottes », où elles séjournent pour les plus dures de trois à quatre jours.
Ce bain d’eau et d’adjuvants divers porté à ébullition permet de ramollir les fibres et de sécher le bois en évacuant la sève.
Les billons sont répartis sur les différentes machines qui tranchent ou déroulent.
Les bois sont ensuite séchés dans les étages supérieurs de manière à ramener leur teneur en eau dans des limites les rendant aptes à être collés.
Les salles de séchage sont ouvertes sur les deux façades Est et Ouest par un système de persiennes en bois pouvant être réglées.
Des ventilateurs circulant entre les travées accélèrent le séchage.
Les feuilles sont massicotées dans le sens du fil du bois en largeur variable mais toujours en multiple de quatre de manière à ce que l’ébéniste puisse reconstituer les ramages.
Les feuilles sont ensuite assemblées en paquet pour être expédiées.
Il existe deux types de bois particulièrement recherchés : la loupe et la ronce.
La loupe est une excroissance ligneuse de l’arbre due à une malformation.
Les fibres du bois enchevêtrées, forment des dessins complexes et harmonieux.
La ronce est débitée dans une fourche de l’arbre.
Les veines de départ des branches forment des dessins très riches en forme et en couleur.
Les deux bâtiments ont été respectivement édifiés en 1927 et 1937.
Ils s’élèvent sur six étages.
La longueur totale de l’édifice est de cent cinquante mètres.
La largeur varie de vingt huit mètres cinquante à seize mètres.
Les fondations sont du type semelles et puits.
Construit sur sous-sol l’édifice est à ossature tramée (4,80 m) en système poteaux-poutres en béton armé.
Les planchers sont en dalles minces de douze centimètres d’épaisseur.
Les surcharges admissibles varient de quatre cent cinquante à mille deux cents kilogrammes par mètre carré.
La hauteur sous plafond est de quatre mètres trente ou de trois mètres suivant les niveaux.
Le plancher haut du hall, de douze mètres de tirant d’air abritant le pont roulant et les machines, est en pavés de verre.
Fondée en 1894 la « Société parisienne de Tranchage et de Déroulage » emploiera jusqu’à deux cent cinquante ouvriers.

Industrie du bois

L’illustration (print) de l’Usine de tranchage signée par Jean-François Binet est donnée par son auteur au LOTO d’arts

– Description de l’illustration : Vous pouvez voir
– Grumes exotiques.
– Tronçonnage.
– Pont roulant.
– Etuves.
– Trancheuses, dérouleuses.
– Séchage.
– Massicotage.
– Dépôt des tramways de la TCRP, (transports en commun de la région parisienne)

Vous pouvez découvrir d’autres facettes de cet auteur multi-talentueux en cliquant sur les liens ci-dessous.

Il créé avec Jean-François Pauvros célèbre guitariste électrique le groupe de recherche musicale rock, « Les Quatres Filles de l’industrie »

Jean-François fait de la peinture, reflet de ses interrogations, de ses choix et passions, de ses voyages et croquis. Pour voir les toiles c’est ici.

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